Puerto Escondido, le pipeline “con carne“
Huit heures du mat’, Mexico City. Le réveil sonne dans la chambre d’hôtel. Direction l’aéroport pour la correspondance vers Puerto Escondido. Puerto Escondido ! Le Pipe mexicain. Hawaii avec les maracas. Une vague imprévisible et caractérielle réputée mondialement. A une époque de l’année où la grande majorité des “producteurs d’images“ se rendent aux Mentawais ou en Polynésie Française, notre petite équipe (Thibault Dussarat, Xavier Leroy, Jérémy Massiere dit « tic », Axier Muniain et Amandine Sanchez) a choisi pour avril 2005 le Mexique. Surf au goût de “sal, limon y tequila“ !
Atterri la veille sur la capitale Mexico considérée comme la ville la plus dangereuse de la planète (la Police Municipale est équipée de gilets pare-balles !), lovée au fond d’une cuvette aride. Pauvreté et saleté sautent tout de suite au visage. On profite de cette étape obligatoire avant le transit pour Puerto pour une petite exploration des quartiers les moins sensibles de la ville. Direction un resto typique, où les Mariachis viennent vous chanter la sérénade à table. Un mythe s’effondre, ils ne connaissaient pas « le Chanteur de Mexico » de l’inoubliable Luis Mariano. On n’a pas pu le reprendre en chœur à la fin du repas. Retour à l’hôtel.
On reprend donc l’avion, direction l’océan, un peu à rebrousse-poils des chemins de transhumance saisonniers de l’animal à planche. On quitte sans regret la capitale et son nuage ocre de pollution qui baigne la cuvette aride hors de laquelle nous nous élevons. Arrivés à Puerto, la chaleur moite nous assomme et nous transforme en éponges humides. Un énorme drapeau mexicain flotte au-dessus de la baie de Zicatela et de ses nombreux hôtels et bungalows. L’ambiance est on ne peut plus tropicale. Une petite vague de trois pieds déroule sur la plage. Tout le monde s’empresse de jeter ses affaires dans le bungalow loué pour l’occasion, et se jette à l’eau (dans la gueule du loup) sans attendre, avec un petit frisson…
Beach break et Tequila
Et là, grosse baffe. La légende se confirme : malgré sa petite taille, la puissance de la vague vous rappelle immédiatement à l’ordre. Ouille. On nous avait prévenu : non seulement c’est ultra puissant, mais surtout, attention au choix de vagues car elles ne déroulent pas toutes comme dans les films. Là, pas de bol, elles se referment sur nous. Une façon de nous prévenir, nous jeunes scarabées. Patience. Les locaux, les « maîtres du spot », ceux qui prennent les plus grosses vagues connaissaient ce spot délicat par cœur : ça a la taille d’Hawaii, la puissance d’Hawaii mais c’est sur du sable, donc avec beaucoup de mouvements d’eau et énormément de courant. Il y a des séries qui rentrent et cassent sur les bancs de sable qui remplissent la baïne derrière. Quand la série est passée, tout se vide d’un coup et cela créé une sorte de champignon de courant qui éjecte le surfer vers le large. Morale de l’histoire : une fois que t’as pris ta vague ou que tu l’as loupée et que tu t’es tout pris sur la tête, tu te retrouves à 200 m au large. Y’a plus qu’à revenir au bord. Quand on parle de Pipe mexicain c’est très justifié dans la mesure ou la vitesse, l’impact et la taille de la houle sont comparables au north shore hawaiien. A Puerto, il est rare que les bancs de sable soient clean, difficile donc de percevoir le sens de mouvement des masses d’eau, on peut très vite être surpris, se faire happer. Même avec beaucoup d’observations, c’est la loterie…
Cette vague est rapide et ne pardonne pas ; mais elle n’est pas aussi effrayante qu’on le dit. Il faut prendre le temps d’explorer et la comprendre, elle ne se livre pas facilement, et c’est parce que peu de surfers ont cette patience qu’elle a mauvaise réputation. La partie la plus surfée est le break le plus proche de la ville, une droite. C’est la plus rapide du coin, celle qui creuse les tubes les plus profonds. De l’autre côté du break, le Far Bar, une gauche, l’eau est plus profonde et la vague casse plus loin de la plage. Fractures du crâne, lacérations, voire tout simplement la mort : voilà ce que peut réserver la fameuse vague de Zicatela...
L’après-midi se termine, on sort de l’eau. C’est le moment où la population locale commence à sortir, le soleil tapant un peu moins fort. D’un seul coup, la plage et ses environs grouillent de vie : camelots, promeneurs à chevaux, enfants jouant avec leurs cerfs-volants multicolores, les incontournables touristes à l’apéro dans les “cabanas“ installées sur la plage, surfers from all over the world venus goûter (et parfois se casser les dents) à ce beach break de légende.c’est la que nous rencontrons « IAN BATTRICK » bon surfer anglais qui est un habitué de puerto.il nous raconte ses sessions des années passées et nous decrit la perfection de ce qu’il a pu surfer ici.cette rencontre tombe bien car il etait prevu de faire ce trip « europeen »avec un surfer de sa majesté,mais aucun n’avait répondu present. On décide de vite s’adapter au rythme et à l’art de vivre mexicain : notre initiation commence tout de suite avec un “happy hour“ enflammé à base de tequila et de mescal entrecoupé de fajitas. C’est là que nous faisons une deuxieme rencontre, Lui, LE local, Angel Galinas, le mythique “Longboarder Masqué“, vu dans tous les magazines de surf du monde. Le Mescal ou l’esprit des tropiques ? Il apparaît comme un petit génie de la vague pour nous servir de guide.
Le « longboarder masqué » est une figure locale du surf. Connu pour surfer avec un masque de catcheur, c’est aussi un businessman avisé. Il regarde beaucoup ce qui se fait à l’étranger et il développe le surf par rapport à ce qui a déjà été fait dans les pays plus développés. Il a sa propre marque de surf, « Central surf » et crée sa propre usine. Il fabrique également ses propres boardshorts, il imprime tous ses tee-shirts, ses casquettes, chapeaux, a beaucoup investi dans l’immobilier et a prévu d’ouvrir un gros bar surf – video, locations, surf-camp, cours de surf. Pas de doute, si vous repassez dans quelques années, l’homme masqué sera un personnage important dans le surf business à Puerto Escondido.
Entre Zicatela et Baja del Cruz
Le lendemain voit renter une houle désordonnée. Tentative de repli à l’extrémité sud de la baie, pour surfer la gauche de “la Punta“ ; mais rien de génial à se mettre sous la dent, la dream team décide de partir à la pêche en louant un bateau. La queue et le surf entre les jambes, on revient voir Angel « The Mask » qui nous avait réservé un “taxi van“ pour la journée du lendemain. Deuxième leçon donc pour les jeunes scarabées : faire confiance au local, même s’il est masqué. Il y a quatre endroits pour surfer ici : Zicatela Beach, The Point (une vague sous-estimée, très longue mais qui peut vite croquer son surfer tout cru et une grande droite qui s’appelle Baja dela Cruz), Kiddie break et un autre spot secret qu’on vous laissera découvrir.
Tout le monde s’endort en rêvant de vague parfaite et d’aventures. Le lendemain, le vent souffle déjà on shore au réveil.l’equipe se prepare a partir,grossie de ian battrick et de son ami videaste. Direction le sud. Deux heures de route avant d’atteindre, au détour d’une petite vallée, une magnifique baie à l’anatomie prometteuse : l’une des extrémités se termine en une pointe le long de laquelle déroule une jolie droite, assez longue et protégée du vent. Quelques Américains et deux trois jeunes locaux sont déjà à l’eau, et si la droite n’est pas très creuse, elle est parfaite pour passer en revue son répertoire de manœuvres. Pas de doute, Angel nous a emmenés sur le bon spot : il se trouve que les ricains ne sont autres que Dan Malloy, Otto Flores et Scott Eckner l’homme-poisson, actuellement le meilleur photographe aquatique ! La journée se déroule au rythme tranquille de cette droite. Ce coup-ci, on y est, ça sent enfin le surf trip. Ne manque plus qu’un peu plus de taille pour que les chasseurs d’images soient comblés.
Un peu mais pas trop ! La houle est au rendez-vous dès le lendemain matin
Le programme du jour : le matin, surf à Puerto, l’après-midi : Baja del Cruz. Mais ça rentre gros, trop gros ? Peu de vagues ouvrent vraiment, Dan Malloy lui-même s’échappe après le take off, peinant à trouver l’ouverture. Si Dan himself a du mal… ça refroidit les plus téméraires.
Repli vers le sud, sur le spot de la veille que la houle grossissante à gonfler d’un bon mètre depuis la veille. C’est la gavade ! Nous surfons cependant sur la pointe des pieds, veillant à na pas trop s’enflammer, surtout au take off, pile en face des rochers… C’est du rase-cailloux pour aller chercher le tube de cette première section plutôt radicale. C’est à qui se calera le plus loin, Thibault et Axier s’en donnent à cœur joie.
De retour a puerto…happy hour..
Les 4 jours qui suivirent nous permirent enfin de gouter a un puerto
Medium size ou toute l’equipe pu se rassasier de tubes,surtout ian qui shoota la bombe du trip !!!
L’équipe est dans le rythme, s’adapte à la puissance du surf et à la douceur de la vie, pour profiter au mieux du reste du trip. Un trip marqué à la saveur du “sal, limon y tequila“ !
GUIDE PRATIQUE
En sortant de l’aéroport de Mexico, n’embarquez que dans des taxis clairement estampillés “AUTHORIZADO“. Dans le cas contraire, votre voyage risque de terminer avant d’avoir commencé, dans une ruelle sombre d’un faubourg malfamé de la ville, en caleçon si tout va bien.
Prévoir une bonne assurance rapatriement en cas de pépin
Ne passez pas la nuit sur des plages.
N’hésitez pas à négocier tous les prix.
Climat
Le climat de la région de Puerto Escondido est tropical chaud et moyennement humide. La température moyenne annuelle est de 28°C. La saison des pluies s'étend de juin à septembre ; les averses se produisent généralement en après-midi. La qualité du swell s’améliore immédiatement après la saison des pluies.
Quoi porter ?
Avec une tenue décontractée, vous passerez partout. Cependant, en fonction des situations, le Mexique a quelques coutumes particulières : le maillot de bain est réservé à la piscine et à la plage. Les tenues “excentriques et suggestives“ sont déplacées dans les petits hôtels et les villes de l'intérieur.
L'aéroport de Puerto Escondido est situé à quatre kilomètres à l'ouest du centre-ville. Des minibus "colectivos" font la navette entre l'aéroport et les hôtels. Si vous voyagez à deux ou trois personnes, se déplacer en taxi est le moyen le plus économique pour se rendre au centre-ville. Les taxis et le service d'autobus permettent également de se déplacer dans la région.
Hébergement
Si Puerto Escondido a su conserver son cachet naturel et son allure de village de pêcheurs, on y retrouve toutefois une panoplie d'hôtels de catégorie budget à supérieure. Nos frenchies en vadrouille ont choisi de s’installer aux “Bungalows Zicatela“, pile en face du break. Evitez de dormir sur la plage même si la sécurité a grandement été améliorée ces dernières années.
Se déplacer
Pour les tarifs de location, pour une camionnette 9 personnes, avec toutes les planches sur le toit, ça coûte 1500 pesos pour la journée (ce qui n’est pas très cher pour une prestation avec chauffeur, air conditionné, confort et musique).
Courant électrique
110 volts.
Pourboire
Ils sont volontaires, la règle générale est de 15%.
Santé
Comme d’habitude, si vous êtes sensible à la tourista, quelques règles simples :
- Lavez-vous les mains avant les repas,
- Ne buvez jamais l'eau du robinet ou des fontaines,
- Ayez toujours une bouteille d'eau purifiée dans votre chambre,
- Évitez les produits non cuits ou non pasteurisés,
- Mangez léger et adaptez-vous graduellement aux habitudes alimentaires locales,
- Emportez des désinfectants intestinaux, de quoi désinfecter les plaies et des anti-moustiques.
Matos Surf
Deux solutions : soit vous la jouez roots et vous venez avec votre planche que vous donnez au réparateur local, qui, de toute façon, vous attend devant la plage avec sa voiture grande ouverte. Ou alors, vous partez avec un super quiver (inutile de prendre en dessous de 7 pieds, ce serait plutôt de 7 pieds à 8 pieds, pour celui qui a envie de se la donner). La moyenne se situe entre 7 et 7,5 pieds, prenez au moins deux planches, parce que de toute façon vous allez casser les deux.
- Arrivez en bonne condition physique, muscu et stretching, c’est un endroit où on peut se faire TRÈS mal.
- Prévoir des très très longs leashs si vous ne voulez pas battre vos records de natation. En général, tout le monde surfe sans leash, et si vous perdez votre planche, vous vous retrouvez dans des courants incroyables, vous pouvez vous retrouver au large ou pire, vous noyer tout simplement. D’après les locaux, c’est un endroit vraiment dangereux, avc chaque année, son lot de noyades. Une chance à Puerto, les life-guards sont sur- entraînés et très performants.