Destination : Photos de Surf aux Acores

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A l’ouest, les îles de l’Epervier.

Début Décembre, en Bretagne…Apres un automne plus que clément, tant au niveau des vagues que de la météo, les grosses tempêtes hivernales commencent a s’enchaîner, les spots de replis sont bondés et les 4/3 chaussons sont de rigueur.
Une seule idée ronge alors mon esprit : faire durer l’automne !
Pour ce faire c’est pas si complique :
Quelques coups de fils au photographe Gecko, un bon coup de carte de crédit a l’agence de voyages, 3 avions, 5 heures de vol et deux courses dans l’aéroport pour ne rater aucun avion.
Vu comme ça, c’est un peu plus facile qu’il n’y parait.
A la descente de l’avion (de nuit à 21 heure/heure locale) il ne fait pas vraiment chaud, mais il ne fait pas froid.
Où sommes nous ? Plus vraiment en Europe mais pas encore en Amérique, sur un archipel, au milieu de l’Atlantique.
Le nom de l’archipel est tire du nom d’un épervier portugais qui pullulait sur les îles au moment de leur découverte, sur la route des explorateurs du nouveau monde.
L’île principale, sur laquelle nous séjournons, est un volcan éteint, émergé de l’eau.
Les falaises plongent directement dans la mer pour ne laisser que peu de place aux plages de sable noir et rendant les spots difficiles d’accès.
Les petites routes de campagne escarpées se fraient difficilement un chemin dans la foret luxuriante a flanc de montagne. Au bord des falaises qui longent la cote, les vaches broutent tranquillement et ne semble pas dérangées par la brise marine.
Les nuages s’accrochent en permanence sur les sommets et laissent rarement entrevoir quelques rayons de soleil.
Le trip s’annonce sauvage, intense et escarpe comme l’île sur laquelle nous faisons escale.

La découverte, entre enthousiasme et paranoïa !

Le premier jour, n’ayant pas reçu les planches, journée tranquille. Repos, repas, courses et première petite exploration de la cote Nord, exposée aux houles automnales, a première vue, le beach break est creux mais la houle n’est pas propre et le spot est balaye par un courant a décourager un nageur de longues distances. En plus il se fait tard et la nuit s’apprête à tomber, on prévoit donc d’approfondir l’exploration le lendemain.

De retour à l’hôtel on se rue sur wannasurf, windguru et autres buoywether pour recouper toutes les prévisions, situer les spots et préparer la journée du lendemain.

Sur tous les modèles, le vent est prévu on shore avec une grosse houle. Le Réveil est par conséquent un peu mou. La pluie tape aux carreaux, le vent s’est levé, mais après le petit déjeuner nous partons en exploration. Pour nous guider, nous étions seulement munis des cartes Wannasurf et des explications d’un ami de Gecko notre photographe, un certain Jean Valère, personnage mystique tout droit venu de la corse explorer les rivages de l’Atlantique quelques années plus tôt. On aurait bien demande aux locaux mais vu les conditions ils n’avaient pas l’air de vouloir aller à l’eau.

Il faut que je vous fasse un topo : 5 français dans deux polos remplies de boards sillonnant l’île route par route, plage par plage, passer la journée a regarder des vagues tellement pourries que l’on ne pouvais définir clairement le moindre spot. Toute une journée à tirer des plans sur la comète :


« Le spot a l’air d’être la. » « Non pour moi il est plutôt la. »


En fait on ne voyait pas les spots et ça nous énervait du coup au retour a l’hôtel on se recolle tous un peu d’internet et les pronostics vont bon train, on en parle tellement qu’a la fin on mélange tout et qu’on s’emporte sur des spots hypothétiques qui devraient marcher alors que les prévisions sont toujours au plus mal mais annoncent une belle amélioration pour la fin de semaine.
Qu’a cela ne tienne ! On part le lendemain explorer la cote nord ouest de l’île. Berces par les récit de Gecko sur les aventures de Jean Valère, revoyant point par point toutes les cartes météos, bref en se bourrant le mou comme j’appelle ça ! Le spot offre un panorama incroyable mais la vague reste de piètre qualité : petite, molle, et en vrac !!!
Le désespoir nous gagne…
Le soir l’ambiance est lourde. Gecko quitte son lit toutes les demi heures pour voir si les prévisions ont été mises a jours en plus il couve une espèce d’angine qui n’est pas sans influence sur son humeur de plus il essaie souvent d’appeler Jean Valère sans succès.
Voulant nous aérer l’esprit Antoine Bénétrix, Arnaud Darrigade et moi nous décidons d’aller en ville prendre un verre. Tout est mort, on est sur le point de rentrer en pleurant quand Béné aperçoit un attroupement de personne devant un petit bar.
C’est parti ! On se gare et on rentre dans le club.
Dans la soirée étudiante, Arnaud et moi dépassons tout le monde d’une tête. Personne ne vient nous parler mais nous commençons à ressasser nos mésaventures.
On en déduis après des heures de brainstorming que Gecko a vraiment de la fièvre et que Jean Val pour les intimes est une sorte d’ami imaginaire, un esprit de pirate qui règnerait sur cette île, on se met a voir son spectre partout, il y a des statues a son effigie partout dans la ville !!!
Bref il est temps qu’on rentre !


De l’espoir, de la confiance et des vagues.

Le Lendemain on déménage sur la cote Nord de l’île pour se rapprocher des spot, et la a peine installes, Gecko réussit a téléphoner a Jean Val, il nous le passe, pas de doute, c’est bien lui ! La c’est le soulagement : Gecko est toujours sensé la fièvre ne lui a pas fait perdre l’esprit !
Dans l’après midi le vent tourne en notre faveur mais les beach breaks saturent. On trouve dans un village une gauche a la sortie d’un port au ras de la falaise a peine gares, un junkie vient nous proposer de l’Héroïne la vague est puissante et des favelas s’étendent sur la falaise  qui surplombe le spot. Personne à l’eau et du parking on ne se rend pas compte de la taille.
On part a l’eau avec Arnaud Darrigade, Hugo Savalli n’a toujours pas reçu ses planches et Antoine Bénétrix reste garder la voiture…Le coin a l’air chaud, si bien que Gecko préfère ne pas sortir son appareil photo. Pendant ce temps, ça surfe. Il y a de grosse séries a 3m qui saturent et on a des planches trop petites…Mais on prend vague sur vague comme on est tout seuls et que la vague est régulière. La gauche passe près de la falaise, c’est assez impressionnant, mais ça fait du bien de se mettre à l’eau après quatre jours d’inactivité, et de pression. On était même pas sur de pouvoir surfer !
Du coup le soir, la pression retombe au sein du groupe, en plus les conditions s’annoncent au top pour le lendemain.


Tout vient à point à qui sait attendre…


Le lendemain levé aux aurores pour aller chercher les planches d’Hugo a l’aéroport. Malheureusement elles ne sont pas la mais au moins elles ne sont pas perdues. Elles ont été retrouvées à Lisbonne et devraient arriver en début d’après midi.
On check le beach break en face de la maison et comme prévu les vagues sont la !
Une longue gauche avec des bowls bien creux déroule au nord de la plage !
Je prête une board à Hugo et tout le monde profite bien de la session avec mention spéciale pour le père Bénétrix qui s’envoie un super tube backdoor sur la bombe de la session !!!
C’est sur, la chance a tourne !

Apres une bonne collation, on récupère les planches d’Hugo (après 6 jours sur place !!!) et on se remet un surf sur le même spot, la marée est haute et on surfe une droite shore break sur laquelle on s’épuise jusqu’a la nuit.
Le lendemain et les jours qui suivent on surfe beaucoup le beach break tout en gardant un œil sur les point breaks de reef que l’on convoite depuis le début. La houle est un peu petite mais le potentiel a l’air d’être la, on ne peut voir la vague de Santa Iria que depuis une haute falaise de plusieurs centaines de mètres de haut, cette vue écrase beaucoup les vagues, mais on peut voir la gauche s’enrouler.
Une autre poussée de houle fait saturer le spot mais on se rabat sur la gauche au spot des favelas qui marche à 2 mètres.
Mais quand la houle retombe, on se décide en fin à aller surfer la gauche de Santa Iria. Si je mets tant l’accent sur ce spot c’est parce que non seulement je pense que c’est la vague a plus gros potentiel de l’île mais aussi pour le périple qu’il faut effectuer pour accéder au spot !

Au départ on s’est trompe de route. Apres avoir gare la voiture au bout du chemin, on prépare toutes les affaires, pique nique compris, planches, combis, matos photo…on marche une demi heure avant de se retrouver bloques en haut de la falaise sans aucun moyen de descendre !
On est oblige de faire demi tour.

Heureusement un paysan nous indique la voie et on repart en voiture se garer près du chemin. Une nouvelle fois, charges comme des mulets on repart a pied.

Un pêcheur nous dit que l’on est sur la bonne voie et nous indique le chemin en portugais…Une erreur de traduction et on rate une bifurcation a droite !

Un quart d’heure après on se retrouve encore bloques en haut d’une falaise !
En rebroussant chemin on se rend compte de notre erreur et on se met a descendre a flanc de falaise  pendant une demi heure sur un sentier escarpe.

Arrive en bas on n’est pas arrive au bout de nos peines !
Il nous faut traverser un ruisseau et marcher dans les galets glissants pour atteindre la pointe autour de laquelle s’enroule la vague !
Au final, on est quand même bien récompensés…
Une gauche longue et rapide déroule sous le soleil et après un petit sandwich on se jette tous à l’eau !
Le surf c’est aussi ça, se galérer un maximum pour pouvoir trouver une bonne vague a surfer tout seuls !
On se serait presque pris pour les premiers explorateurs d’Indonésie qui ont trouve au bout du chemin des vagues comme Padang Padang !


On en aura des histoires à raconter à nos petits enfants !!!


« Quand pépé était jeune… »
3 De la pluie, de la pluie et de la pluie (et aussi du vent et des clips) !
Une nouvelle perturbation arrive sur l’archipel.
Elle apporte de la pluie et de forts vents on shore.
Les spots saturent et les vagues sont pourries, on se fait de bons petits restos ou le poisson est super frais, on visite un peu les endroits pittoresques, l’île est d’origine volcanique et il y a des sources chaudes ou certains font cuire leur nourriture, ça sent le souffre, et laissez moi vous dire que le souffre ça sent le pet !
On rempli ces deux jours comme on peut mais il pleut tellement qu’on finit par abandonner et on reste a l’hôtel a regarder les clips sur la TV.
Le trip touche a sa fin mais la veille du départ, la pluie cesse en début d’après midi et le vent tombe.
De quoi se mettre à l’eau une dernière fois sur le beach break pour une session qui ne restera pas dans les anales.
En rentrant il est temps de faire ses bagages pour rentrer passer Noël en famille, en Bretagne, de mettre les gants et les chaussons, et d’attendre le printemps…

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