






























Pirates d’une autre Indo (juin 2007)
Sur un voilier dans l’Indonésie hémisphère nord, une troupe de surfers renoue avec la quintessence du surf trip. Pas de voyage en première classe pour les pirates. Il faut tenter sa chance à l’aventure, et renouer avec l’essence du surf trip.
Par Sylvie Claracq.
Le voyage redevient une aventure hors des sillages encombrés, surmédiatisés, dénaturés. Vers une autre Indonésie, un autre hémisphère. Sur un voilier, navire qui chavire dans son sillage bien des légendes. Le voilier de ce récit, nommé le Scame, tente sa fortune au nord des Mentawai, vers les vagues, trésors cachés des îles. Mais une minute… Le surfeur abandonne t-il un charter de luxe et une destination sûre ?
Est-ce qu’il met le cap vers une fenêtre de swell plus petite, une navigation plus difficile ? Tourne t-il le dos à une région desservie par 50 bateaux charters, pour se rendre dans des îles moins habitées, peu développées touristiquement ? S’aventurer dans l’équateur, où l’on ne peut rien prévoir, où il faut faire confiance au destin ? C’est bien ça. Un véritable pari. Le Scame quitte le port. Au lieu de son itinéraire habituel, il met le cap vers l’ouest. Le vent pousse la frégate. Savoir être un pirate, un voleur de vagues et d’amour, un hardi écumeur. Vivre au jour le jour. Fréquenter les étoiles, dormir dans le ventre des voiles. Traverser l’équateur. Partir de l’autre coté du monde. Mais attendez, il est encore temps de mettre le cap vers les Mentawai. Les doutes sont dans les esprits. Chacun est renvoyé à son individualité. Le voyage dépend du voyageur.
Avertissement au lecteur, signé Sam Lamiroy :
‘Si vous voulez un générique de surf trip sans surprise, un récit vague par vague, cessez de lire. Regardez les photos. Toujours là ? Sur les toilettes, au travail, au lit, sur le canapé ou réellement intéressé ? Curieux peut être ? Et bienvenu. Ce trip a commencé comme la plupart. Il avait le potentiel d’être le meilleur ou le pire des trips, le facteur décisif étant la perception d’événement de chaque individu…’
Celui qui immortalise
Gecko ou la réalité du photographe.
Je commence à tout organiser six mois avant. Je jongle avec les calendriers des surfers. Je cherche un bateau. Pas un charter de luxe et sa zone restreinte du fait de sa consommation d’essence. Mais le Scame pour l’exploration des îles de Sumatra. Ce voilier italien de 22 mètres en acajou, parcourt des distances sans ravitaillement dix fois plus grande qu’un charter de luxe. Enfant, je vivais trois mois par an sur un voilier. Je connais le décalage entre les gens de la voile, tranquilles, et les surfers, excités. La peur de rater la houle est le stress du surf trip. J’ai envie d’être confiant.
On appareille. Me voilà sur le dingy à shooter. J’ai chaud. 45 degrés sous la casquette. Je porte un lycra à manches longues, moins chaud qu’un t-shirt. Ma batterie peut rendre l’âme. L’argentique compte 36 poses. Le numérique dépend de la carte mémoire. Pourvu qu’elle ne prenne pas fin au départ d’un surfeur sur une vague. Le dingy bouge. Un gros téléobjectif est lourd et stable. Il faut le tenir à bout de bras. Cadrer, avoir la bonne mise au point, anticiper. Autre session. Je vais sur le reef pour shooter d’un autre angle. J’observe les pêcheurs. Je me dois d’être le témoin de tout. Sur une île, un vieil homme, machette à la main parle fièrement de son île. Une guenon tombe amoureuse de la Jonquette.
À Nias, c’est les embouteillages. À Bawa, la jungle a repris ses droits, la vague a perdu son ancienne gloire. Sur le pont, jour de tempête, tout le monde joue les pirates, le ciel est noir et la mer blanche. J’immortalise le surréalisme d’une tenue de spider man rose de Teiki sur fond de palmiers. Dernière session. Camera board et water shot, je mise sur tout. La dernière vague d’Éric est le seul watershot exploitable du trip. C’est étrange un surf trip, parfois ça tient à la dernière vague de la dernière session. Ce trip est qualitatif en images, et n’a rien d’artificiel. C’est ce que je voulais. Renouer avec l’aventure, l’exploration, principe même du surf trip.
Celui qui connaît l’océan
Teiki Ballian, ou la vie d’un fils de skipper.
Français, et rarement en France. Je vis avec ma famille sur le Scame, un magnifique voilier construit en Italie. Mes parents m’ont amené autour du monde. Je les ai toujours suivi. Ma plus longue traversée sans toucher terre a duré 16 jours et demi, des îles Galapagos aux Marquises.
Depuis douze ans avec ma passion du surf, mes parents me suivent. Nous naviguons entre l’Indonésie pour le surf et la Thaïlande pour la voile. Le surf n'est pas un tourisme de masse et peut s'intégrer dans les îles. Une activité à succès se multiplie rapidement. Ici, les bateaux affluent. La population des îles a un besoin immédiat de survie, et n’est pas bouleversée par le tourisme surf.
Malgré tout, leur quotidien est agressé par l’abondance de produits de consommation qu’on ballade sous leur yeux. L’évolution n’est pas regrettable, si les habitants des îles arrivent à profiter du tourisme. Surf Aid organise des programmes d’aide à la santé et l’éducation. Les bateaux paient des taxes au gouvernement des îles. Dans tous nos voyages, on aide au coup par coup, ceux qui sont à portée de mains.
La vie sur le bateau est écologique et routinière. On produit et économise notre énergie, on évite d’utiliser le moteur. L’entretien et la marche du bateau occupent une grande partie du temps. La liberté c’est de pouvoir hisser les voiles et tourner la page. Mais, la vie sur le bateau est tyrannique. Tout tourne autour du bateau, tout doit fonctionner sans trop dérailler. La difficulté est de concentrer dans un seul endroit, le travail, la vie, les vacances. Mes parents ne quittent jamais le bateau. Moi, je pars pour les regattes et les surf trips. Recevoir à bord est une fête. Ce trip en particuliers, où je rencontre Gecko et des surfers pros. L’ambiance à bord dépend de la bonne humeur de chacun. Tout peut s’effondrer, si certains ne sont pas heureux d’être là. Le prochain trip arrive bientôt et l’expérience sera différente.
Celui qui tombe amoureux
Micah Lester ou le rêve récurrent
Je ne sais pas à quoi m’attendre. Je prends l’avion seul d’Australie. Je rencontre le groupe à l’hôtel. Je suis le seul à ne pas parler français, ça promet des jours de solitude. 20 heures de mal de mer. Je dors sur le pont avec la Jonquette, véritable Juke box. Il chante toute la nuit. Le lendemain, une droite au milieu de nulle part. Je me prends à penser à de meilleures conditions. Ce sentiment s’efface. Arrivés sur le spot, je ne souhaite plus la perfection. Le spot est fracassable. Les gars décollent des airs sur chaque vague. Je suis époustouflé. Le voilier part vers le nord au travers d’une infinité d’îles paradisiaques. Je pressens quelque chose de fantastique aux alentours. Le meilleur reef break que j’ai jamais vu ! Des barrels à chaque vague. Personne ne pense à faire un turn. Après quelques heures, le swell tombe. Il ne reste qu’à partir. Je pleure presque. Il y aura d’autres vagues. Des droites, des gauches. Nias, très fun. Bawa, six pieds. Tous assurent. On pimente le tout en jouant nos vagues au poker. Parier nos précieux trésors conquis après des milliers de kilomètres parcourus. Jouer avec Eric est dangereux. Il ne connaît pas les règles, bluffe et l’emporte. J’apprends des mots de français. Beaucoup deviennent de bons amis. L’équipage est très sympathique. Teiki surfe incroyablement bien. Pour s’assurer les meilleurs vagues possibles, on navigue 6 heures chaque jour ou 12 heures dans la nuit. Les vagues sont superbes, de vrais skateparks. Le trip est magnifique, pourtant, chaque nuit, mes rêves se dirigent vers mon amour. Je brûle du désir de la surfer de nouveau.
Celui qui brave son mal de mer,
Jonquette ou le verre à moitié plein.
J’étais en CM1. J’avais neuf ans. Je suis parti en classe de découverte en Irlande. 20 heures de bateau sous la tempête, un cauchemar. Si arrivé à Corn, on m’avait dit que 15 ans plus tard, je passerai deux semaines dans un bateau entre les îles du nord de l’Indonésie, je me serais dirigé vers une carrière de football ou de ballet. La perspective de passer 15 jours au soleil à surfer des vagues parfaites peut faire oublier le mal de mer. Secoué par les vagues, brûlé par le soleil, arrosé par les averses, je suis malade en mer et épuisé par 20 heures de traversée. Le soleil se lève sur l’Archipel des îles Telos, bien que le swell ne soit pas significatif, à l’eau ! Les efforts sont payants. La houle entre, donnant un aperçu de la qualité des vagues. Une droite qui double au take off, sans tube à cause d’un léger vent off shore. Une gauche, l’après midi, offre de beaux murs massifs et rapides de 2m50 en série, dans une eau limpide et chaude. Mention spéciale à Éric, le tube de la journée.
Le jour suivant, la découverte d’une longue droite tubulaire et rapide dissipe les doutes liés à notre destination. Plus tard, on se retrouve en plein champ de bataille. La guerre fait rage au Mentawai entre surf camps et charters boats. Certains camps s’approprient des vagues, empêchent les bateaux de s’y rendre. L’équipe fait les frais d’une bataille et met les voiles. Direction Hinakos, îles frappées par le tremblement de terre de 2004. L’île de Bawa est très touchée. Le reef autrefois immergé ressort de deux mètres au dessus de la surface. Les sections de cette vague anciennement légendaire ne connectent plus. L’inside réserve encore de bonnes surprises. Mais le placement est hasardeux.
Retour au voilier… Je suis à l’avant. Ça balance avec la houle de face. Pendant les longues traversées, je me réveille en lévitation. L’instant d’après, je m’écrase contre mon matelas. Être cloîtré avec des garçons sur une coquille de noix peut créer des tensions. Qui a eu la bombe ou la bonne photo, qui a ragassé, qui a utilisé toute la crème solaire... Rien de trop cérébral au programme. Un surfeur est un surfeur. Repas, surf, backgamon et lecture. Et quelques à cotés… En allant surfer la vague de Nias, les locaux taxent dans l’eau et harcèlent hors de l’eau pour vendre un t-shirt ou une sculpture en bois. Je perds patience. J’en agasse un à qui j’avais donné mon argent et mon board short. Il faut fuir pour éviter une pluie de coups de machettes.
Et il y a les troquets de pirate ignorés des charters, et bien connu des bretons. On déambule une nuit dans la rue de Telo. Des sourires. Quelques regards curieux. Un bon bar de pirates avec une salle de billard pour une heureuse trêve à mon mal de mer.
Celui qui partirait de nouveau
Eric Rebière ou la trêve du compétiteur WQS
Je viens de passer un moment sans surfer. J’ai envie de maigrir, de surfer de bonnes vagues. Je veux rester des heures dans l’eau. Le bateau est moins rapide et stable, qu’à l’habitude. C’est compensé par la gentillesse de la famille de Teiki, les repas et récits incroyables, et surtout l’apprentissage de la voile. Tout le monde essaye d’être le plus motivé possible. Sam est un lord anglais, toujours gentil. J’apprends à connaître Micah. Je l’apprécie beaucoup.
La qualité de son surf fera parler de lui. Teiki est très gentil. Thomas est heureux en toute circonstance, même quand on le réveille avec de l’eau aux fesses. Quant à Hugues, je ne lui parle pas trop. Je ne l’apprécie pas. Ce trip est super, avec deux jours de vagues incroyables. On découvre des endroits différents et des vagues un peu partout. J’apprends à jouer au poker. Je cherche à améliorer ma technique du tube en Indonésie. J’essaye des positions dont Sancho m’a parlé aux Canaries. Mettre la hanche dans l’eau à certains moments du tube.
L’ambiance sur le bateau –si on enlève Hugues – est parfaite, la cuisine aussi.
L’attitude nécessaire pour ce trip est de se concentrer sur l’instant présent, sans trop songer à ce qu’on va découvrir. C’était une superbe aventure. Je repartirais bien.
Celui qui ne voulait pas être censuré
Hugues Oyarzabal ou le mécontentement
Ma première expérience d’un boat trip est de 15 jours aux Mentawaii dans des conditions de perfection absolue, des vagues incroyables tous les jours, une équipe de surfeurs et photographes en parfaite osmose, un skipper hyper cool, de la nourriture royale tous les jours, et la climatisation dans les chambres afin de faire baisser la température du corps pour récupérer après une longue journée de surf. Je sais qu'il est dur de rééditer le même trip, mais je m’attends à surfer des vagues indonésiennes au moins fracassables...
C'est la deuxième année consécutive qu'on nous envoie en trip sur des endroits peu ou pas connu pour changer, car les magazines saturent des destinations classiques tel que Mentawai, Maldives, etc. Ce trip donne une heure de barrels en quinze jours. Soit trois bon barrels chacun en quinze jours. Mon plus mauvais record.
Le reste des vagues surfées est digne des Maldives, et encore je suis gentil… certains spots sont dignes de Parlementia à un mètre... Pas de climatisation dans nos chambres. Je passe mes nuits à transpirer comme un fou dans le lit.
Et monsieur le capitaine du bateau nous explique ces théories sur le respect de la nature, le fléau de la surconsommation des bateaux charters en Indonésie... On me dit que je suis trop exigeant. Mais débourser 3500 euros pour quinze jours donne le droit de dire son mécontentement...
Ce genre de voyage s'appelle un FIASCO et dans le futur je ferai en sorte de flairer les trips fiasco et de les refuser...
Celui qui renaît en surf trip.
Sam Lamiroy ou l’aptitude au bonheur
Pour concevoir ma version du trip, vous devez, dans une certaine mesure, me comprendre. Il y a six mois, ma perception des choses a changé, quand mon père est décédé dans un accident de la route. Un mécanisme s’est déclenché. Ma vie s’est recentrée sur ce qui importe vraiment. Faire le maximum de ce laps de temps qui m’est donné. Ce qui me ramène à notre premier sujet. Choisir entre un voilier remué par les flots, et un yacht confortable.
Sans hésiter, option numéro un. Surtout avec LA vague au shape le plus parfait que vous ayez pu surfer, une superbe famille vivant sur l’océan, et la meilleure nourriture possible. Songez un peu… agneau rôti, crevettes grillées, poisson frais, tajine marocain... Avec de tels miracles culinaires, tout se passe bien. Il faut certes endurer quelques mers difficiles, et des jours de petites vagues.
Deux à quatre pieds super fun, des droites et des gauches sympas. Cinq gars à l’eau. L’horreur. Le dur labeur. Sans oublier les sessions épiques. Cinq à six pieds. De parfaits barrels. L’esprit peut jouer des tours, et imagine la même vague à dix pieds. Soudain prendre un barrel de 8 secondes debout ne suffit plus. Le sens de la réalité s’effrite. L’aptitude à profiter du moment présent se perd. L’ego gâche tout. Passer deux semaines sur un bateau dans l’océan, sans télévision, téléphone, email, ou deadlines, offrent beaucoup de moments précieux comme un barrel ou une bière entre amis.
L’océan phosphorescent, les dauphins suivant le bateau, les îles solitaires, les jeux de poker, les étoiles filantes comme des feux d’artifice. La famille de ce bateau a cette vie. Daniel et sa femme Janine ont toujours voyagé autour du monde. Le Scame est leur maison depuis 27 ans. Ils ont réalisé trois tours du globe. Une vie de liberté. Ne vous méprenez pas, vivre sur l’océan n’est pas fait pour tout le monde.
Le seul chemin vers la réelle liberté et l’épanouissement personnel ne consiste pas à vendre son T3 pour acheter un voilier et partir. La réelle leçon de vie est de poursuivre et réaliser ce qui nous rend heureux. Se concentrer sur le choix de départ malgré les moments difficiles. Écarter les fausses déceptions. Ne pas se plaindre, ne pas être grognon. Mais sourire. Ce voyage est un superbe trip.
Relances ?
Le vent pousse la frégate. Savoir être un pirate, un voleur de vagues et d’amour, un hardi écumeur. Vivre au jour le jour. Fréquenter les étoiles, dormir dans le ventre des voiles. Traverser l’équateur. Partir de l’autre coté du monde.
Le voyage dépend du voyageur.
Sur le pont, jour de tempête, tout le monde joue les pirates, le ciel est noir et la mer blanche.
Soudain prendre un barrel de 8 secondes debout ne suffit plus. Le sens de la réalité s’effrite. L’aptitude à profiter du moment présent se perd. L’ego gâche tout.
On joue nos vagues au poker.
Parier nos précieux trésors conquis après des milliers de kilomètres parcourus.
trip a "dog island"(juin 2003)
Un surf trip, 8 personnes… Un surf camp, les vagues indonésiennes… L’organisation tient en trois noms : Gecko, le photographe, et deux vétérans de l’Indo, Jason Flanagan, et Christophe Etchebehere. Des expérimentés de l’Indo aux novices, la variété s’est invitée au voyage… l’aventure promet d’être enrichissante… Présentons… Christophe Etchebehere - un réservoir d’aventures indonésiennes - à faire parler… Jason Flanagan - shapeur australien - installé en France, depuis 4 ans. A peur d’avoir perdu son indonésien… Jason Rasta Aparicio - originaire des Trinidad - connaît les boats trips aux Mentawai - Mais pas ce qui l’attend… Jérémy Brasset - originaire de Martinique - réside à Bidart - 19 ans et beaucoup de voyages - Novice de l’Indonésie… Thomas Joncourt - breton - surnommé la Jonquille, la Jonquette - Premier trip en Indo… Raoul Garcia - Espagnol - discret et malchanceux - Problème de passeport… Et enfin Steve Vytia - un bosseur - de l’industrie du surf - en manque de trip surf… Voilà pour les héros de l’histoire. Il faudrait présenter les autres personnages… l’hôtesse de l’air, Max et Steve du surf camp, Kely et Noah, la population indonésienne, les crabes, les bières Bintang… La ville de Medan, le bus du souvenir, l’île, la zone nucléaire de Dog Island, la malaria…
Apparicio pense à tout… trois somnifères pour 13 heures de voyage … et 7 bières !… Intenable état second. Il accoste l’hôtesse de l’air, balance de la nourriture, vole le repas de ses voisins, attaque verbalement tout le monde… même un enfant de 8 ans. Et finit par sombrer dans un coma, bienvenu pour tout l’avion. Sans le moindre souvenir à son réveil… Tout se résume pour lui, à un rêve de vagues parfaites. C’est l’atterrissage, pas sans des excuses... Raoul lui reprendra l’avion en sens inverse. Son passeport périmé ne l’autorise pas à aller plus loin. Le reste de la troupe est en Indonésie. « Mais attention ! Pas l’Indonésie imaginée… la ville de Medan, sur l’île de Sumatra. Le centre ville est une espèce de favela géante, parsemée en son milieu de quelques commerces. En contraste, les périphéries ressemblent quasi à l’Europe : hôtels dotés de piscines, banques, centres commerciaux.» Le regard neuf de Jonquille décrit ainsi la capitale de la province de Sumatra-Nord… «un chaos organisé » selon l’expression. Tout s’y achète, et souvent pas cher. Les meilleurs hôtels ne sont que des façades à la prostitution. Des gamines de 15, 16 ans n’ayant rien d’autre. Et des clients pour la plupart de riches Chinois business men, traitant mal les filles. Personne ne dit rien, et tout le monde sait. Le phénomène grandit. Le sida…
Dehors, une cacophonie de klaxons orchestre la cohabitation des motos, voitures, camions, voitures de luxe et voitures poubelles. Aucun des locaux ne s’arrête aux feux. La présence d’un policier n’y change rien. « Et bien entendu, souligne la Jonquette, ils roulent à gauche et n’importe comment ! La circulation est dense. On dirait qu’il y a plus de véhicules que d’habitations. Un flux incessant, incohérent dans lequel on devrait logiquement collectionner les accidents… Mais tout est coordonné au millimètre près ». Le mystère reste entier, pour les connaisseurs, Christophe et Flanagan : « Les voitures sont plus cabossées en France »… Et Flanagan de dire qu’on a « toute cette organisation, feux rouges, feux verts, stops… Et plus d’accident ! C’est qu’ici le stress est absent… à la place le « Jam kerat » indonésien, en anglais le « Rubber time », en français : temps élastique». Le temps aurait moins de consistance qu’en Europe. Il passe pourtant. Les choses évoluent. A l’image de la construction d’un Mac Do. Le fast food côtoie la mosquée. L’entrée du lieu saint est à cent mètres du Mac Donald, tout est « hallal », pas de porc. Choc des générations, de la Padang Food aux hamburgers. Choc des civilisations. D’un coté les Chinois en smoking servis par un personnel portant uniforme Mac Do et habits musulmans, de l’autre les tenues traditionnelles. Évolution bizarre, accélérée… Christophe, songeur, ajoute à son récit s’être toujours demandé si le propriétaire n’était pas Chinois. Mais voilà, deux nuits à l’hôtel, le retour de Raoul, un court trajet en avion jusqu’à l’île… et il faut partir retrouver l’expérience de la route indonésienne…
Le bus trimballe les 8 voyageurs, 4 heures pour une cinquantaine de kilomètres. Jonquille dira les paysages magnifiques, la végétation luxuriante... la route dévastée. Parfois le chemin se fait inexistant, conséquence de la fin des moussons. Rien de nouveau pour Flanagan. Il juge l’équipe plutôt chanceuse, les ponts peuvent être franchis facilement. Bien sûr à certains endroits, les roues doivent suivre deux bouts de bois servant de chemin de traverse. Et alors que le bus joue au funambule, les passagers se sentent plus concernés par l’eau qui s’écoule au dessous. Mais aucun problème notoire cette fois ci. Ce qui attire le regard de l’australien, ce sont les arrêts à chaque village. Les enfants qui courent et secouent les mains, saluant énergiquement. Et ce sourire… ce sourire indonésien, simple ornement des locaux, offrant un grand bien être à celui qui le reçoit. Christophe en fait l’hommage. Ces figures toutes souriantes ont un réel pouvoir. Un impact sur vous, un bonheur. En France, les lèvres s’inclinent au contraire vers le bas, à croire que vous avez mal agi. On n’en est pas là… l’hexagone est loin. Les t-shirts collent à la peau, conséquence du climat chaud et humide. Et Jérémy Brasset semble plonger dans ses rêveries. Nouveauté et beauté de l’endroit l’ont plongé dans les flashs back, souvenirs de l’enfance… Il pense à son père qui s’est rendu dans ce même pays en 1975. Leur discussion… Cette aventure qui était la sienne, l’arrivée au port, le trajet dans la jungle le long de la côte, l’arrivée à Lagundi, le séjour chez le chef du village, les vagues. Ces récits accompagnent sa découverte de l’endroit. C’est que le premier contact avec un pays n’est jamais vierge. La tête est pleine de ces histoires, de ces images qui vous ont amené à y traîner vos bagages.
L’Indonésie commence en France… en Australie aussi… C’est un reportage dans Surf Session qui a poussé Christophe. Le premier sur Nias. Il montrait une vague énorme, Lagundi. Une droite posée, parfaite. 10, 12 pieds. Sa première vision de Nias… S’en suivront de nombreux périples, de nombreuses années en Robinson Crusoé baroudeur… L’australien a une autre histoire. Elle commence en 72. Date d’une photo - son père et son grand père à Bali - «Mon père y faisait de l’importation pour son magasin en Australie. Tout était rempli de meubles et d’objets indonésiens, même la maison, même moi... J’ai grandi là dedans. Chaque année, c’était plus d’histoires et d’images. Pour mes 16 ans, mon père et mon oncle m’ont offert un billet pour l’Indonésie. Ils voulaient que j’en fasse l’expérience. J’y suis parti». Il parle aussi de Storm Riders au début des années 80’s. « Ce film a montré la vague de Nias. Pour la première fois, on entendait parler d’une droite en Indo. C’était connu pour ses gauches. Ça a donné envie… beaucoup de gens sont allés là bas». Pour Flanagan, comme pour Christophe, la découverte de l’Indo fut une prise de conscience, un tournant. L’indo est dans leur coeur, ils pourraient y vivre. Étonnant de songer qu’à leur première rencontre quelque peu arrosée, l’indo avait pu être un sujet sensible. Il fallait vérifier chez l’autre que l’humilité exigée par ces atolls était présente. Car ils le savent tous les deux… l’Indonésie n’appartient à personne, on aurait tort de l’amener à soi même, de se l’approprier, ce serait ne pas respecter tous ces voyageurs qui ont foulé cette terre avant eux, et ne pas respecter la population indonésienne.
Le présent nous rappelle… on est arrivé dans le village de pêcheurs. Les propriétaires australiens du Surf Camp, Max et Steve sont là. Rencontre, sauf pour Christophe. Bien avant la construction du Surf Camp, il leur rendait visite à Dog Island. La population locale les aide à porter planches et bagages.
Les voilà devant l’embarcadère…. Un bateau rapide les conduit sur l’île… celui qu’ils utiliseront pour se rendre en une journée sur trois spots différents. Christophe a sûrement un petit sourire intérieur… le trip est si différent de ce qu’il a connu... courir après les pêcheurs, vérifier l’état du bateau, l’essence, et partir, sans la certitude du retour, dépendant des conditions météorologiques. Comme moyen de transport entre les atolls : un petit cargo, habité par des singes en liberté, un mini marché à son bord : du textile jusqu’aux vélos. 5 heures de trip, pour se faire ensuite débarquer sur des pirogues, et des pirogues sur une île… sans savoir si l’atoll détiendrait un hôtel ou une quelconque infrastructure. À la première expédition, la réserve de nourriture, le fusil à harpon, un gun avaient sérieusement fait défaut. Ce trip là se passe tout autrement. Une table de ping pong, un réfrigérateur rempli de bières Bintangs… un camp à deux minutes en bateau de la vague, dans une baie à l’abri de la houle au bord d’une plage de cocotiers, sur une île entourée à 70 pourcent d’une barrière de corail, une ambiance familiale portée par la présence de la femme de Max, Kelly, et leur fils Noah… une maison superbe, tout le confort de chez nous. Un vrai luxe sur cette île. Difficile de se plaindre si l’on a conscience de la logistique qu’exige le séjour d’une personne. Max et Steve ne mènent normalement pas de si grand groupe, mais une ou deux personnes à la fois. Une aubaine de pouvoir vivre l’expérience ainsi… et ce à la sueur de quelques clicks sur Internet, et communications téléphoniques. Les commodités modernes, et le travail des propriétaires… Reste qu’après ce long périple, la fatigue est bien présente, et se mêle à la joie de l’arrivée sur l’île, comme le souligne Jonquille. Chaque jour lui fera voir en cet endroit un petit paradis. À ce stade là du trip Jérémy n’a plus qu’un seul mot d’anglais : « I love », et un sourire inscrit, inchangeable sur son visage.
« Avant même d’approcher les spots, l’Indonésie offre une multitude de moments forts. Les vagues achèvent de faire croire au paradis »… Rien à redire à la formule de Jérémy Koala. L’équipe arrive le premier jour d’un swell. Les vagues iront jusqu’à 8 pieds. Sur son journal de bord Jason Flanagan inscrit à chaque jour la même mention : 21 avril : « pumping waves », Le 22 : « pumping waves », Le 23 : « pumping »… Une seule journée de plus petites vagues. Aparicio Rasta en profite pour être malade. Le débat reste ouvert quant au diagnostic… insolation ou pas ? « C’est pas ça, les black n’attrapent pas d’insolation.» L’énigme subsiste. On en appelle à des propositions. La seule certitude réside dans l’enthousiasme de toute la troupe sur les vagues. « Enthousiasme »… un terme faible. Comme dit Christophe, il est toujours difficile de transcrire une session de surf. Les « hyper », « super » « profond » ne sont que les bafouillemments d’un surfeur excité par sa session, loin de rendre compte des réelles sensations. Jonquille a la solution… jugeant que la perfection des vagues est intraduisible sur papier, il résume les trois vagues de trois adjectifs : « rapide, massive, parfaite. Et si vous voulez plus d’infos, reportez vous aux photos, elles parlent d’elles mêmes ». Le cadre est magnifique : cocotiers - eau turquoise - température de 28 degrés – On ne peut s’empêcher de songer à un des premiers surfs de Christophe en Indo. L’eau était si transparente, qu’au take off, regardant le fond, il oubliait de surfer. C’est une autre histoire, revenons à ces surfeurs…
Le bateau s’approche de la vague. Gecko l’actif photographe est en position. Les mecs s’encouragent. Le niveau des uns et des autres répercute la motivation sur tout le groupe. Cris d’admiration, sifflements plusieurs fois répétés pour des sessions parfaites. Comme le souligne Steve, tous sont de bons surfeurs, chacun à sa manière : du tube rider Rasta Aparicio au surf puissant de Jérémy, on ne peut oublier le style fluide et la radicalité du shapeur Flanagan. Sa connaissance et expérience ont servi à la troupe... Confions l’analyse à Jonquille : « Les vagues ont beau être parfaites, elles sont techniques. Heureusement, Flanagan membre du crew, a shapé la plupart de nos planches. Il connaît les lieux. Ce qui fait de ses planches des bombes… elles s’adaptent à merveille aux conditions rencontrées ». Les conditions rencontrés, parlons en… « la zone nucléaire de Dog Island »… Jason explique… « En fin de vague, une vague de set, le reef se fait voir… Quand tu arrives près de cet endroit, tu essayes de regarder si le reef sort de l’eau. Tu as besoin d’eau sur le reef. Tu veux réellement ne pas tomber sur cette partie de la vague ». La petite troupe a surpris Christophe… agréablement. Le bon esprit de la nouvelle génération. L’absence de problème d’ego, de mauvais effet de groupe.
Une énergie comme réservée pour les sessions. Et Jason Flanagan de demander pour la énième fois : « elle est bien cette planche ? » On lui a déjà dit spontanément, mais il ne peut s’en empêcher. Il rit. Explique que pour lui c’est un bonus de voir ces gars sur ses planches… et heureux de leur matos ! Le plus du trip. Tout un travail récompensé. Apparicio en pro de « sous les flashs » donne des conseils pour de belles photos : tenue, couleurs de lycra... Car faut pas croire, c’est un métier ! Gégé se laisse prendre au jeu. A 19 ans, il réussit à étonner la galerie… une galerie de niveau. Ce caractère tout tranquille sur la terre ferme, digne du koala, se réveille dans l’eau. Flanagan, Apparicio, et GG sont assis à l’inside qui double. « Ça ressemble à une vague à Barbados, ‘soup bowl’ ». Mais cela n’était pas encore la meilleure session. Juste après le premier, un second swell offre le nécessaire au crew. Cette fois, ils optent pour une gauche, ressemblant, encore selon Aparicio, « à Macronios, sauf qu’il n’y avait personne aux alentours. Jeremy casse deux planches.» Chacun des surfeurs a fait de même pendant le séjour, sauf Jason Aparicio qui s’interroge sur la signification d’être une exception. « Je ne sais pas ce que ça veut dire, mais je sais que c’est plus économique ».
L’océan n’offre pas que ses lames… les fonds marins... Christophe prend son masque et son tuba… Il est curieux de voir combien il aime… observer leurs réactions, tenter de les approcher, au plus près possible, finir par connaître les réactions de diverses espèces. Il parle de la décimation des requins par les bateaux neutres Thaïlandais… des raies léopards, napoléons, daurades… Et de ce steamer, ce bateau new zélandais, posé à terre, hébergeant beaucoup de vie sous-marine. Son sens du partage est apprécié par ses compagnons de route… il leur fait découvrir ses trouvailles… dont un reef de corail de 6 mètres de hauteur sur 6 mètres de large. Surnommé « peace and love » pour sa ressemblance d’en haut à l’emblème baba cool. Là encore de nombreux poissons, et le souvenir d’une rencontre insolite… un look de poisson rouge, et une taille conséquente… Il rit. « On a appris par la suite que c’était un « geant gropper », de la race : mérou géant… C’est très rare ». La nature avec lui prend une dimension familière. Le lézard vert fait office de chat, mangeant les biscuits trempés dans le lait… et les crabes d’aspirateur… c’est que là bas, rien ne se perd. On imagine combien le réchauffement de l’eau, le blanchissement du corail, ont pu l’attrister… Il avait vécu cette maladie comme la perte de son trésor. Ce voyage le rassure. Le corail a repoussé, la vie a repris ses droits. Soulagé de voir que « rien n’est perdu, tout est à sauver ».
Cela n’appartient plus qu’aux souvenirs parmi d’autres des soucis rencontrés… On l’interroge sur les pirates et les 200 attaques, l’année dernière. Christophe n’a pas connu, ni lui ni ses proches de tels problèmes. Mais il est loin de signifier que cela n’existe pas. Récit d’amis qui depuis 4, 5 ans font toutes les îles. Ils fuient dès qu’ils voient un bateau. Et disent ne pas avoir de problème si ce n’est en mer Thaïlandaise. Il ne saurait en dire plus. Mais a son expérience… pas des moindres… une de ses plus grandes frayeurs. Il est sur un atoll avec Béa, sa compagne. Deux bateaux arrivent. L’équipage est d’une soixantaine de personnes par bateau. Des mecs entre 16 et 20 ans, des guenilles sur eux, vivant entre hommes, et remontant des filets à la force de leurs mains. Des gros gaillards. Informés par les gens du village de la présence d’Européens, ils viennent. Prennent des fruits, leur filet de pêche, ce qui traîne. Curiosité du capitaine, il pose beaucoup de questions. Christophe s’inquiète pour Béa. Elle s’est enfermée. Ils sont tous autour d’elle, écartent les bambous pour la voir. Un cauchemar, mais l’événement se termine bien. Le capitaine agit en gentleman, rappelle tout son monde. Tout est remis en place. Et dans l’immédiat… on s’apprête à s’attabler. C’est l’anniversaire de Steve, le propriétaire du Surf Camp, un cochon va être égorgé. Une vision peu commune pour les occidentaux. Certains ne voudront pas le manger. D’autres ne peuvent pas supporter que les indonésiens aient fait ça pour rien, ils mangent. Notre Steve avec tout ça, ne risque pas d’oublier son séjour loin des bureaux… et son honorable choix. Il aurait pu décider de faire un boat trip pour les Mentawai. Responsabilités, travail, famille. La plupart dans son cas… et surtout pour un premier trip en Indo… prennent l’option du bateau menant directement au spot, sans passer par les terres. Il n’aurait pas eu à bûcher des phrases indonésiennes, ni à répondre à la curiosité des locaux. Il ne saurait ni leur gestes de politesse, ni leur manière de recevoir un modeste cadeau. Saluons la performance… lui, est juste heureux de l’expérience, et d’avoir pu le faire avec de si bons surfeurs. Il partira, un avant goût en bouche de ce qu’est le mode de vie indonésien. Un aperçu de ce que les baroudeurs expérimentés de l’Indo connaissent. A l’heure des bilans que sait on ?
On sait ce que la population indonésienne nous a donné, ce que cet endroit est pour nous. On sait les sourires, les vagues, les saveurs, les odeurs. On sait le bruit, puis le silence de l’île. On sait l’isolement, le recul sur soi, sur son mode de vie. Mais de ce qu’on leur laisse, que sait on ?
Les endroits sont fréquentés comme par vagues de mode. Une période voit des touristes pendant plusieurs mois, et puis le calme plat. Christophe revenait des mois plus tard, et quasiment personne, voir pas une âme n’était venu. Parfois il retrouvait un habitat en ruine, il fallait tout reconstruire. À d’autre endroit, il voit un petit bungalow se reproduire jusqu’à 20 bungalows. Il s’interroge sur sa responsabilité. Il y a amené des gens. Mais qui peut vraiment cerner comment s’est développé l’endroit ? « Certains diront que c’est dans le déroulement normal des choses. Ils se défendront d’un : « si c’est pas moi, ce sera un autre ». Mais ils posent le problème d’une manière erronée. Ce qu’il faut c’est que l’évolution ne porte pas préjudice aux locaux. Aujourd’hui on fait des compétitions sur leurs terres, on demande aux pêcheurs de se déplacer, de bien vouloir aller pêcher plus loin. On leur met un T-shirt de la marque, on les prend en photo, les traitent en animal de foire… Je croyais que le surf était un bel esprit… peut être que non, peut être qu’il n’est pas si différent dans son industrie que le reste. Il est facile de s’approprier une terre en Indonésie. Il est facile aussi de les aider. Il faut regarder quels sont leur besoins ». Christophe ne leur a jamais donné d’argent. Il a toujours négocié les prix selon les forfaits locaux, pour instaurer des rapports normaux. Mais en partant ne manquait pas de laisser du matériel de pêche, des leurres pour la pêche à la cuillère, du fil… Après tout, les indonésiens en ont fait autant. « Quand les familiarités avec la population se sont crées, ils ont réalisé que nous avions des besoins, et eux un profit potentiel. Laver le linge, vendre des coconut bread… autant de services, autant d’initiatives… C’est un peuple magnifique, très habile de ses mains. Opportuniste aussi, ils ne manquaient pas de s’improviser guide vers un endroit que toi, tu souhaitais garder secret. C’est là qu’arrivent les problèmes. Des européens mal organisés prennent de ton stock de survie, alors que toi tu dois rester plus de 8 semaines. Et il est impossible de leur dire non. Alors il a fallut expliquer aux gens du village les produits nécessaires aux voyageurs de passage, qu’ils devaient avoir». Ainsi on s’organise… en réponse aux touristes qui eux, ne savent pas toujours se comporter : des batteries jetées à la mer, aux débris de verres laissées sur la plage, la liste serait longue... Du moins ce trip a permit de côtoyer la population indonésienne. Pas assez pour les connaître vraiment, mais suffisamment pour avoir une idée de leur réalité quotidienne. Au surf camp, Steve et Max se sont donnés pour but d’aider la population de l’île. Ils ont une radio, un kit contre la Malaria. A parler de ce fléau, l’image de cette petite indonésienne, atteinte de Malaria, et sauvée par Steve et Max revient à l’esprit. C’est un quotidien du surf Camp. La médicalisation existe. C’est à en devenir idéaliste. Se prendre à rêver que toutes les infrastructures touristiques en fassent autant…
Le retour… pas sans une nouvelle performance de Rasta Aparicio à la bière et aux somnifères. Puis l’hexagone. La tête est remplie de toutes ces images, on ne revient pas si vite. Puis, la routine reprend ses droits. En apparence on oublie. En réalité c’est toujours là. Ils se retrouvent. Le Patxaran a remplacé la Bintang juste quelques phrases, et l’attente implicite du prochain voyage…